CDPS : des préalables à la mise en place du gouvernement de cohésion nationale

Le conseil national du Congrès des démocrates pour le progrès social (CDPS) réuni en session ordinaire du 29 mars au 5 avril, à Kinshasa, s’est notamment focalisé sur les questions de politique générale du pays.

Il ressort des travaux de Righini, l’utilité pour les décideurs de conjuguer des efforts supplémentaires pour améliorer les conditions de vie de la population et donner des résultats escomptés. Ces travaux ont également permis de passer au peigne fin la vie et la marche du parti. En rapport avec le gouvernement de cohésion nationale, le conseil national a posé quelques préalables à sa composition. Le premier préalable exige aux parties prenantes de s’accorder d’abord sur un programme de gouvernement autour des axes importants des recommandations des concertations nationales. Ensuite, il faut qu’elles accordent également sur un chronogramme de mise en application dudit programme qui n’empiète pas sur l’échéance électorale de 2016. Les deux derniers préalables sont en rapport la définition du profil des personnes pouvant exécuter le programme de gouvernance convenu et la désignation des personnes les plus aptes à assumer les responsabilités dans ladite  équipe gouvernementale.

Au sujet de l’élection du président de la République par le Parlement et celle des députés provinciaux aux suffrages universels indirects, et la révision de la Constitution, le conseil national a relevé que « la stabilité de la Constitution est un baromètre de la stabilité des institutions indépendamment de changement démocratiques des gouvernants qui arrivent aux affaires ou cherchent à s’y maintenir ». Il en appelle à la prise de conscience de chaque composante afin que la loi fondamentale du pays ne soit pas modifiée au premier coup de tête. Ainsi, « le conseil  national  déclare  que la modification du mode de vote à ces deux niveaux est inopportune et intempestive ».

Réfléchir aux solutions

Le CDPS, note la déclaration, convie la classe politique à réfléchir aux solutions qui, dans l’intérêt général, consolident le comportement de respect et de stabilité institutionnels, corrigent l’anachronisme institutionnel, atténuent la méfiance et conduisent à l’organisation des élections crédibles et transparentes. Le conseil national dudit parti note, par ailleurs, que depuis la transition issue des Accords de Sun City, les pouvoirs successifs, malgré leur engagement d’organiser le recensement avant les élections, ont toujours escamoté celui-ci, contribuant ainsi à la tenue des élections non crédibles et à l’amplification de la crise institutionnelle.

Le  CDPS remet en cause les différents bilans sécuritaires et de paix dressés par les gouvernants qui contrastent avec le sentiment général d’insécurité partagé par le peuple congolais. À cet effet, le parti cher à François-Xavier Beltchika considère la réforme profonde des Forces armées et des services  nationales de sécurité devrait être la priorité des priorités, dans le domaine sécuritaire, en vue de permettre à ces forces de jouer le rôle préventif et dissuasif attendus d’elles au plan interne et externe.

Des avancées timides

En outre, le conseil national du CDPS note des avancées timides dans l’exécution des recommandations relatives à la réforme institutionnelle, notamment avec la mise en place du Conseil économique et social, et l’amélioration de l’architecture juridique du pays. Il  dénonce le fait que ces nouvelles structures sont, malheureusement, minées par l’intérêt personnel et partisan,  primat de l’égo sur l’intérêt général et le fonctionnement des institutions telles que le Parlement avec le sénat en l’état, les institutions provinciales – assemblées et gouvernorat, de même  que la territoriale aux ordres,- se fait en violation de la Constitution, avec des institutions anachroniques, hors mandat constitutionnel. Aussi déplore-t-il l’aggravation de la méfiance entre les tenants du pouvoir et la population et la fragilisation de la cohésion nationale qui en résulte.

Il sied de retenir de la déclaration du CDPS que les bilans, économique et social, sont également caractérisés par l’autosatisfaction de leurs auteurs, à l’image de ceux relatifs à la paix et à la sécurité. « Le conseil national constate que l’économie congolaise , qui est essentiellement une économie de rente ,avance à une double vitesse,  celle d’une minorité  qui tire profit des maigres retombées des rentes minières et de la corruption pour s’enrichir scandaleusement alors que la population continue de vivre dans son lot de misère et de lutte pour la survie », a souligné ladite déclaration.

Jeannot Kayuba

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